Dimanche 25 avril 2010, s'est tenue au monument aux morts de la commune une manifestation cantonale commémorant le souvenir de la déportation. De nombreuses personnalités, maires des communes du Canton, conseillers généraux, présidents des anciens combattants, présidents et représentants d'associations ainsi que de très nombreux habitants et enfants de la commune y ont assistés.  

 La cérémonie dirigée par Monsieur Fabrice ROCHES, Adjudant Chef et habitant de la commune, fut marquée par les discours très émouvants des personnalités présentes : Monsieur Dominique SIMON (Maire D'Heudreville sur Eure), Monsieur Pierre COURAGEUX (Président des Anciens Combattants du secteur de Gaillon), Monsieur Jean-Rémi ERMONT (Conseiller général et maire de Fontaine Heudebourg) et Monsieur Jean-Luc RECHER (Maire d'Aubevoye, Président de la Communauté de Communes Eure-Madrie-Seine et Conseiller général).  

 

Les enfants de l'école primaire , autour de leur directeur Monsieur Michel MARIN, ont chanté "La Marseillaise" . Puis un vin d'honneur offert par l'association des Anciens Combattants d'Heudreville sur Eure et la Municipalité a clos la manifestation.

Voir les photos de la cérémonie dans l'album photos qui lui est consacré depuis la page d'accueil du site.

Vous trouverez ci-après l'intégralité du discours de Monsieur Dominique SIMON ainsi que les paroles de la chanson de Jean Ferrat "Nuit et Brouillard" lues par Monsieur Courageux :

Discours de Monsieur Dominique Simon :

 "Je remercie de leur présence les personnalités, les élus et tous les anciens combattants nombreux aujourd'hui. C'est un honneur pour Heudreville d'organiser cette journée du souvenir de la déportation avec les anciens combattants d"Heudreville.

De 1940 à 1944, près de 200 000 français, hommes et femmes ont été déportés vers les camps de concentration et de mise à mort pour certains.

Très peu ont survécu à cet enfer. L'arrestation est  une première étape puis l'interrogatoire avec ses violences barbares ensuite l'emprisonnement. Certains sont fusillés, d'autres sont entassés dans des wagons à bestiaux avec un voyage de plusieurs jours sans hygiène, sans boire ni manger.

A l'arrivée dans les camps, les SS les accueillent avec les chiens et les coups de schlague.

Je vous relate les situations dramatiques de certains déportés éditées par le Service départemental de l'ONAC lors du 60ème anniversaire de la libération des camps de concentration.

"En arrivant au camp, il y avait déjà pas mal de morts dans les wagons, des charrettes attendaient sur les quais pour les débarrasser ...

A Buckenwald, on nous a tondus, douchés habillés de vêtements rayés sans chaussures, nous couchions dehors sous la pluie ...

Nous travaillions de 5h à 17h sans boire avec une tranche de pain le matin et un bouillon le soir. Les conditions étaient atroces, les SS de véritables bêtes. Ils tuaient pour le plaisir ...

Nous ramassions les cadavres et nous devions arracher les dents en or, gare à celui qui en oubliait une ...

Il y avait une baraque où étaient réunis une vingtaine d'enfants de 5 à 12 ans qui servaient de cobayes pour des expériences médicales ...

Il n'y avait pas de couverture et on ne pouvait pas bouger. Pour celui qui voulait aller aux toilettes, c'était foutu !

Pendant ma déportation, j'ai eu la chance de ne pas être blessé ni d'être gravement malade, cependant, j'avais perdu 40 kg ..."

tout ceci doit nous rappeler que des hommes ont souffert pour un idéal, la France, et que nous devons être reconnaissant pour leur courage et leur bravoure. En leurs noms, je souhaiterais rappeler aux jeunes ici présents que nous ne devons pas oublier cet épisode de notre histoire pour qu'à l'avenir, nous puissions dire "plus jamais ça !"

 


   Chanson de Jean Ferrat : "Nuit et brouillard"

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir

Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliersNus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

 

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